09 mai 2008
Poétique de Robert PARRON
POETIQUE
Oh ! Poète savant, je te quitte et j’écoute
Comme un ruissellement la cascade des mots ;
C’est un torrent fougueux qui me met en déroute,
Mais au fond du ravin je trouve des émaux.
Qu’importe si le chant du merle funambule
Ressemble quelquefois au pipeau du berger,
Ecouter un poème est conciliabule,
La surprise est souvent un accord étranger.
Le rythme et le mystère ondoient sur chaque page,
Comprendre l’infini suscite le plaisir.
L’image qu’on découvre est ce qui n’a pas d’âge,
L’idéal entrevu qu’on ne peut pas saisir.
Les mondes lentement qui se métamorphosent
Ouvrent l’autre horizon aux cœurs atrophiés
Et l’on peut entrevoir les lilas et les roses
Qui fleurissent toujours en des lieux oubliés.
Le sourire entrevu n’est pas inaccessible,
L’ombre opaque du soir n’a pas de vrais tourments.
On se voit en riant conquérir l’impossible
Le chemin tortueux efface ses tournants.
Seule la poésie éteint la solitude,
Un sommeil lumineux peut prolonger le jour.
Les mots nous ont bercés, c’est la béatitude
Où le monde inquiet se transmute en amour.
Robert PARRON
1er Prix de Poésie Classique
Académie Internationale Ecole de la Loire.
12 avril 2008
Extrait Recueil "Javelles des champs" de Robert PARRON
Ambierle
Dans ce pays discret, déserté par les foules,
Où de bons vignerons coulent des vins heureux,
L’antique prieuré dans son ocre pierreux
Brille sous le soleil.
De pieux bâtisseurs voulaient construire un moule
Fait d’une ogive fine au galbe merveilleux,
Encastrant des vitraux aux reflets somptueux
Dans le temps de l’éveil.
Moule pour un retable où les heures divines
Montrent les donateurs, très richement vêtus,
Sagement à genoux.
Pour plaire au Dieu de gloire ils n’ont pas mis d’hermine
Espérant que leur don forgerait leur salut.
Tous les saints sont au rendez-vous.
Robert PARRON
Le Salon des Poètes de Lyon
2ème Prix Mignardises 2008
Extrait Recueil "Javelles des champs"
